De l’indignation à l’espoir : analyse rhétorique du pathos dans l’exposé des motifs de la loi Taubira sur la reconnaissance de l’esclavage et la traite comme crimes contre l’humanité
étude rhétorique du pathos dans l’exposé des motifs de la loi Taubira
DOI :
https://doi.org/10.68181/nc06gc83Mots-clés :
pathos, esclavage, traite négrière, rhétorique, loi Taubira, crime contre l’humanité, exposé des motifs, mémoireRésumé
Cet article analyse l’exposé des motifs de la proposition de loi portée par Christiane Taubira en 1998, visant à reconnaître l’esclavage et la traite négrière comme crimes contre l’humanité. L’objectif est d’examiner le pathos à l’œuvre dans ce texte à partir de la rhétorique classique d’Aristote, afin de comprendre comment les émotions participent à la dynamique persuasive d’un discours parlementaire à forte portée mémorielle. La méthodologie repose sur une analyse rhétorique structurée selon la dispositio antique (exorde, narration, confirmation, réfutation et péroraison), permettant d’identifier les émotions mobilisées et les procédés discursifs qui en assurent la construction. L’étude met en évidence une configuration émotionnelle dominée par la pitié et l’indignation, auxquelles s’ajoutent l’émulation, l’écœurement, la gêne ou l’embarras, la contrariété, la contrition, la honte et l’espoir. L’indignation apparaît comme l’émotion centrale du texte. L’analyse montre ainsi que le pathos constitue une dimension essentielle contribuant à faire passer une mémoire longtemps marginalisée du registre affectif au registre législatif. Cet article démontre que le pathos constitue un levier central de l’argumentation politique.Téléchargements
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